5th Congress Autism-Europe
Articulos / Proceeding
Autism-Spain

LE ROLE DES PARENTS DANS L'EDUCATION DES PERSONNES AUTISTES

Isabel Cottinelli Telmo

Portugal

PROJET EDUCAUTISME

Educautisme est un projet européen d'élaboration de modules de formation destinés aux professionnels travaillant avee des personnes atteintes d'autisme. Ce projet, conçu en 1989 par Eric Schopler (Program TEACCH), Théo Peeters, Ghislain Magerotte, Joaquin Fuentes, Rita Jordan, Bernadette Rogé, G.Machelot, Palauqui et Claire Chastenet, a été financé d'abord par HELIOS, puis par HORIZON, programme européen visant l'intégration sociale des personnes handicapées.

Le projet Educautisme a des références scientifiques innovantes: d'abord il a pris en compte les recherches récentes en neuro-biologie lesquelles envisagent l'autisme comme handicap et comme trouble du développement et non comme maladie mentale. Les références éducatives ont comme fondement le programme TEACCH de Caroline du Nord. Considérant les parents comme coresponsables du projet pédagogique individual de l'enfant autiste, la valorisation du partenariat entre parents et professionnels est aussi une des réferences éducatives.

Dans le cadre d'HORIZON, en 1992, des partenariats transnationaux se sont constitués et la coordination des modules était confié à Bernadette Rogé (Université de Toulouse) et á Christine Philip (Centre National d'Etudes et de Formation pour l'Enfance Inadaptée) sous la responsabilité du Centre de Suresnes du Ministère de l'Education Nationale (France). Les partenaires étaient G.Magerotte (Belgique), J.Fuentes (Espagne), R.Jordan et Stuart Powell (Royaume Uni), I.Cottinelli (Portugal), M.Antoniadis (Gréce), A. Lemal (Luxembourg).

Les modules de formation étaient élaborés de façon à constituer un 'package' avec des exercices et des documents d'appui et à pouvoir être utilisés dans les pays européens bien qu'adaptés á la realité locale et nationale de chaqu'un d'entre eux.

Les modules ont été repartis en quatre modules généraux:

A. 'Sensibilisation à l'autisme' de la responsabilité de Theo Peeters, Belgique, 6 heures de formation.

Bl. 'Les aspects médicaux de l'autisme', Catherine Milcent et I'équipe de CHRU de Tours, 30h B2. 'L'intervention éducative' (Adaptation à l'environnement, Communication, Développement social, Autonomie, Activités de Travail et de Loisir, Problèmes de Comportement)', Rita Jordan, G.Magerotte, Theo Peeters, 100 heures de formation.

B3. 'Partenariat avec les familles", Isabel Cottinelli, 30 heures.

Il y a aussi 7 modules spécifiques ayant chacun 30 heures de formation:

Cl. 'Intervention sur la période de la petite enfance' (0 à 3 ans)

C2."Intervention sur la période de l'enfance" (3 á 6 ans)

C3. 'Intervention sur la période de I'enfance' (6 á 12 ans)

Responsabilité: Christine Philip, Bemadette Rogé

C4. 'L'adolescence'

CS. 'L'áge adulte'

Responsabilité: Joaquin Fuentes

C6. 'Méthodologie de la coordination des actions et des ressources de l'environnement social' Responsabilité: Ghislain Magerotte.

C7. 'Législation et les Services en Europe'

Responsabilité: Ghislain Magerotte et Armand Lemal

Les modules on été dejá expérimentés au CNEFEI (France) en Décembre 1994 et Mars 1995 (stages transnationaux) et à Lisbonne dans un cours de formation á l' APPDA. Ils sont en train d' être utilisés dans le cadre du nouveau programme Horizon-Emploi.

MODULE: PARTENARIAT AVEC LES FAMILLES

Vivre en societé constitue un droit pour chacun d'entre nous. Et vivre en societé c'est d'être accepté et integré parmi les autres. L'intégration se situe á I'opposé de la ségrégation et l'intégration fait partie integrante de l'éducation. Une société pluraliste doit d'accepter et de valoriser les différences de chaque personne. Et comme notre société a ses fondements dans la cellule familiale, elle doit prendre modèle sur la famille. C'est ainsi que la famille d'une personne atteinte d'autisme est la première à l'accepter mais c'est aussi elle qui portera bien souvent le fardeau de la ségrégation sociale.

Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. Ce sont eux qui bien souvent l'acceptent tel qu'il est et l' élèvent depuis sa naissance. L'enfant différent a besoin de cette acceptation inconditionelle de sa famille pour pouvoir devenir un membre de pleins droits dans la societé. Mais cela ne suffit pas, il faut aussi qu'il soit accepté et integré á l'école et dans les autres lieux de travail et de loisir.

Mais cette intégration familiale et sociale est loin d'étre évidente pour l'enfant atteint d'autisme. L'autisme est en effet un handicap résultant d'un déficit du développement de la communication. Ce qui signifie que cet enfant ne communique pas comme les autres enfants. Si comuniquer signifie partager avec les autres, alors on peut dire que l'enfant autiste a des difficultés á partager avec les autres les informations émanant de son environnement. Il lui est si dificile de comprendre les autres, comme aux autres de le comprendre, que cette situation l'éloigne parfois de sa famille et, plus tard, de ses collègues et de son entourage, en général. Ce sont souvent ses parents et les autres membres de la famille, parfois ses frères et soeurs, qui parviennent à "percer le mur" qui le sépare du monde. Ils prennent l'habitude d'être attentifs à ses besoins, ils aprennent à connaître ses signes particuliers de communication qu'ils sont les seuls à comprendre et qui ne signifient rien pour les autres. Ce sont eux qui pourront aprendre à l'enfant à communiquer et qui informeront les professionnels de la signification de ces codes particuliers. C'est ainsi que parents et professionnels doivent partager l'information pour parvenir à aider au mieux ce jeune atteint d'autisme et contribuer ensemble à son intégration dans la famille, à l'école et dans la société.

Un vrai partenariat entre les parents et les professionnels doit s' établir dans une démarche éducative d'un enfant autiste. Les professionnels doivent:

- Considérer l'enfant atteint d'autisme comme un membre de plein droit dans sa famille et dans la societé.

- Tenir compte du rôle de la famille dans le développement et l'éducation des enfants, des adolescents et jeunes avec autisme.

- Considérer les parents comme des partenaires dans l'éducation des enfants atteints d'autisme.

- Définir des principes de communication et de collaboration entre les professionnels et les familles.

- Savoir ce qu'on doit apprendre à chaque parent en tant que professionnel.

- Savoir écouter et apprendre de la famille.

- Établir avec les parents des projets éducatifs individualisés.

- Evaluer la mise en oeuvre de ces projets

CONTENUS DE FORMATION

La famille et I'enfant

- L'enfant handicapé comme étre humain complet avec ses droits.

- Les relations entre I'enfant atteint d'autisme et sa famille. Le stress des parents.

- L'adolescent et le jeune adulte; son intégration dans la famille et la societé.

- Les parents dans la conception d'autisme. Approche historique critique.

- Le changement d'attitude envers les parents: les parents comme coéducateurs et cothérapeutes.

- Le rôle des parents et de l'environnement de l'enfant dans l'intégration sociale.

La famille, l'enfant et l'éducateur

- Les parents comme observateurs des comportements de la personne atteinte d'autisme.

- La modification des comportements de l'enfant et du jeune atteint d'autisme

- L'action commune des parents et des professionnels: établissement d'un partenariat.

- Élaboration d'un programme commun d'action à la maison, à l'école et au centre professionnel.

- Le programme individualisé d'éducation: le diagnostic des "points forts" et des besoins de l'enfant et des jeunes; les objectifs spécifiques .

- Evaluation des progrés de I'enfant et du jeune.

- Evaluation du programme.

LES DIFFERENTS SYSTEMES BASIQUES DANS LESQUELS LA PERSONNE ATTEINTE D'AUTISME DOIT ETRE INTEGREE:

Famille et école sont des systèmes basiques dans lesquels vit l'enfant. Ils correspondent à différentes façons de procéder. Chaque famille est unique, elle est composée de ses membres. Chacun de ses membres apporte sa contribution selon sa fonction et ses caractéristiques et agit sur l'ensemble de la dynamique familiale. C'est dans la différence de chaque membre qu'il faut rechercher des ressources pour l'enfant. I1 faut également considérer le cercle de vie de la famille, qui change selon l'âge et le développement des membres de la famille. Les professionnels doivent être attentifs à cette évolution et s'y adapter.

Quand aux fonctions de la famille, elles peuvent être domestiques, économiques ou de loisir.

L'école, est privée ou publique, comme la famille elle comporte différents membres, de formation différente qui appartiennent à ce systéme. Ces membres ont aussi leurs fonctions et leurs besoins différents de ceux de la famille de l'enfant. Ils appartiennent chacun à un système particulier en relation avec leur statut professionnel. Par exemple, le psychologue appartient à son code professionnel, lequel a son langage spécifique et ses pratiques.

C'est ainsi que l'enfant, dès le début, se trouve confronté à des codes complétement différents les uns des autres, il est donc nécessaire de l'aider à établir une continuité qui lui permet de passer facilement d'une norme á l'autre. Pour créer cette continuité les parents et les professionnels devront envisager leurs normes du point de vue de l'enfant, en se mettant d'accord entre eux sur ses besoins, de façon à construire ensemble une éducation cohérente.

Pour ce faire, parents et professionneis doivent considérer l'enfant comme un être complet qui a droit à l'éducation et non comme un handicapé qui a besoin de réhabilitation. Ils doivent prendre en compte l'environnement total, qu'il soit familial, social ou éducatif. Ils doivent communiquer entre eux, apprendre à partager l'information, en échangeant leurs points de vue et leurs constats pour un meilleur développement de l'enfant. Ils peuvent aussi partager leurs soucis. C'est grâce à ce partage que les uns et les autres pourront trouver les réponses à leurs interrogations ainsi que des pistes d'action.

Pour entrer en communication avec l'enfant autiste, le professionnel devra se mettre á l'écoute des parents et prendre ainsi la position de l'apprenant. I1 doit admettre que les parents sont les premiers éducateurs de l'enfant, ils sont aussi ceux qui ont vécu le plus de temps avec lui. Ce qu'ils peuvent raconter au professionnel peut aider celui-ci à communiquer avec l'enfant. Ce qui n'empêche pas les professionnels de transmettre des idées nouvelles aux parents. I1 s'agit d'une relation de réciprocité, d'échange, de respect mutuel et d'entente qui seule permet une éducation cohérente. C'est ainsi qu'un projet commun pour l'enfant peut se construire, qui sera mis en oeuvre á l'école et à la maison, avec un soucis de généralisation des acquis.

LES DROITS DES PERSONNES AUTISTES

Chaque personne autiste est différente des autres. Elle a le droit d'attendre que nous respections sa différence. Dans la mesure où il lui est difficile de communiquer avec les autres, c'est à ses parents de faire respecter sa différence. I1 est aussi particulièrement important avec ces enfants de mettre l'accent trés tôt sur la communication, puisque là est leur principale dificulté. I1 faut comprendre leur façon particulière de recevoir l'information et leur façon de s'exprimer qui passe parfois par des comportements agréssifs. Les parents sont souvent les premiers à s'engager dans cette démarche de compréhension. Ils adaptent aussi souvent leurs habitudes á celles de l'enfant, ils vont même parfois jusqu'à changer leur façon de dormir ou de manger. Pour autant ils n'ont pas de reconnaissance à attendre de leur enfant, car celui-ci ne sait pas manifester l'affection qu'il éprouve pour ses parents. Les parents apprennent donc à se passer de ces manifestations affectives. Comme l'explique très bien Catherine Milcent, psychiatre, mère d'un enfant autiste:

"Élever et vivre avec un enfant autiste puis être responsable du quotidien et du destin d'un adulte autíste est toujours une épreuve pour les parents et la proche famílle. Le drame n'est pas le même suivant l'âge de l'autiste, car les parents prennent du recul et deviennent plus réalistes à mesure que le temps passe et que grandit l'enfant. "

'Les personnes autistes doivent pouvoir jouir des mêmes droits et privilèges que ceux de toute la population européenne dans la mesure de leurs possibilités et en considération de leur meilleur intérêt.

Ces droits devraient être mis en valeur, protéégés et mis en vigueur par une législation appropriée dans chaque État.

Les déclarations des Nations Unies sur les Droits du déficient mental (1971) et sur les Droits des personnes handicapées (1975) ainsi que les autres déclarations à propos des Droits de l'Homme devraient être prises en considération et, en particulier, pour ce qui conceme les personnes autistes...' les droits qui sont présents dans la Charte pour les personnes autistes. (Charte pour les personnes autistes, 4e Congrés Autisme-Europe, La Haye, 10 mai 1992).

Ce sont les parents qui luttent pour les droits de leurs enfants, qui se rassemblent dans les associations de parents, qui demandent des services à la communauté, qui préparent l'avenir des adultes autistes. Le 3éme droit de la Charte proclame le droit des personnes autistes à recevoir une éducation appropriée, accessible à tous et en toute liberté.

Toutes les personnes ont droit à l'éducation; l'éducation doit prendre en compte les besoins de chaque personne. Les enfants handicapés ont le droit a une éducation spéciale qui leur permettra de vivre en société. Les enfants avec autisme ont le droit á une éducation spéciale et appropriée á leurs besoins. Pour étre integré dans la société, l'enfant doit être accepté et élevé dans sa famille et dans son école.

LE CHANGEMENT DU ROLE DES PARENTS

Après que Kanner eut publié ses études sur le syndrome de l'autisme, dans les années 40, des recherches ont été entreprises sur l'étiologie de l'autisme et des hypothèses explicatives sont désormais bien connues qui ont culpabilisé les parents, surtout les mères, pendant de longues et difficiles années. Les parents étaient alors considerés comme des patients à soigner comme on soigne des malades. Ils étaient même parfois éloignés de leurs enfants parce qu'on les croyait dangereux pour eux.

Depuis les années 60, les parents, d'abord les anglais et les américains, ont fondé des associations de parents pour combattre ces idées. Aujourd'hui les parents sont peçus différement ce qui, non seulement, permet de mieux aider leurs enfants mais ce qui les aide aussi eux mêmes à combattre leur stress.

Les causes de ce changement d'attitude á l'égard des parents sont la perte d'influence de la psychanalyse (surtout dans les pays anglo-saxons), les découvertes scientifiques en neurobiologie et surtout, la confiance des parents dans l'importance de leur rôle auprès de leurs enfants.

L'approfondissement des connaissances scientifiques a montré l'existence des problèmes liés à la perception et à l'association de l'autisme à des maladies comme l'épilepsie, la phenilcétonurie, le syndrome du x fragile, etc.

Les associations de parents qui se sont multipliées dans tous les pays, ont joué un rôle très important dans le changement d'attitude par rapport aux parents. Elles ont également contribué a la divulgation des nouvelles connaissances sur l'autisme dans les différentes communautés. Les parents ont aujourd'hui un nouveau rôle: ils sont des coéducateurs et des cothérapeutes.

Selon Eric Schopler (1984) les parents doivent assumer quatre rôles importants: celui d'élève, celui de professeur, celui d'avocat et celui de moteur d'associations de parents.

LES PARENTS ÉLÈVES

Les parents peuvent apprendre des professionnels des méthodes d'enseignement et des procédures pour faire évoluer le comportement social de leur enfant. Ils peuvent apprendre des médecins, des thérapeutes, des éducateurs, des professeurs, ... Les parents doivent essayer de savoir un maximum de choses sur leur enfant. Les professionnels doivent recueillir les informations et informer les parents. Les méthodes de formation des parents ont connu une évolution ces trente demiéres années. Auparavent les parents devaient apprendre auprès des professionnels à modifier le comportement de leurs enfants par la méthode comportamentaliste. Ils prolongaient à la maison des séances de travail des thérapeutes. En effet les parents étaient guidés pour la modification de l'interaction enfant - mère ou père (Kosloff, 1984; Lilly, 1974). Ces pratiques ont satisfait et satisfont encore un certain nombre de parents, mais il existe aussi des parents qui ne peuvent assumer ce rôle de coéducateur, parce que cela leur demande trop de temps et d'énergie. Pour répondre à ces situations, des professionnels ont essayé d'accomplir des programmes de travail à domicile, faire le ménage, la cuisine... Cette démarche a donné aussi de bons résultats (Singer et Davis, 1991).

Ainsi, aujourd'hui un programme complet de formation pour les parents comprend:

- Une information sur l'autisme;

- Une information sur les services d'appui a la famille qui existent dans la communauté;

- Un développement des séances á domicile pour améliorer I'interaction enfant, parents, éducateurs;

- Une information sur les droits des familles, des handicapés et les lois;

- Des stratégies pour aider les parents à aménager leur temps, leur ressources et leurs besoins;

- Des informations sur l'avenir, les résidences existentes et les possibilités de travail.

Aujourd'hui il est également important de recueillir les témoignages des adultes autistes. Le rapport de leur expérience peut contribuer grandement à une meilleure connaissance des

difficultés des enfants plus jeunes et, en particulier, de ceux qui ont de graves problèmes de communication.

LES PARENTS PROFESSEURS

Les parents connaissent et observent leur enfant depuis sa naissance. Ils le connaissent mieux que quiconque. Ils sont les meilleurs 'professeurs' de leurs enfants et ils se maintiennent dans ce rôle toute leur vie. Ce rôle d'éducateur commence dès la naissance de l'enfant et se poursuit souvent jusqu'à la mort. Car l'éducation d'un sujet atteint d'autisme dure toute la vie. I1 arrive parfois que les parents soient les seuls éducateurs avant le démarrage des apprentissages à l'école. C'est ainsi que le développement des capacités de l'enfant et la façon dont il envisage ses difficultés dépend en grande partie de l'éducation qu'il a reçu pendant son enfance.

Schopler (1984) dit que les parents ne peuvent pas se donner le luxe d'ignorer les recherches en cours sur la question de l'autisme. Ils ne peuvent pas non plus changer leur enfant d'école ou d'hôpital comme peuvent le faire les professionnels en général, c'est pour quoi ils deviennent de 'bons professionnels'...

Les parents sont aussi des professeurs lorsqu'ils racontent leurs expériences, leurs échecs et leurs succès. Ils ont presque toujours la motivation de rendre meilleure la vie de leur enfant; c'est pourquoi ils cherchent des recours partout et toujours sans relâche.

Le témoignage des parents est indispensable aux professionnels qui doivent établir un diagnostic et un pronostic. Enfin, pour construire le programme individualisé de l'enfant leur contribution est indispensable, c'est avec eux qu'il convient d'évaluer les progrès de l'enfant et d'ajuster le programme en conséquence.

L'aide mutuelle des parents et des professionnels contribue à réduire le stress des uns et des autres et encourage grandement les actitudes positives envers l'enfant.

LES PARENTS AVOCATS ET MOTEURS DES ASSOCIATIONS

Les parents sont attentifs: aux besoins de leur enfant, aux conditions de vie tout au long de son existente et à l'adéquation des services offerts. Ils jouent le rôle d'avocat social. Ils cherchent à établir un dialogue avec la communauté sociale en général et avec les professionnels qui s'occupent de leur enfant. Ce faisant ils éduquent la communauté, ils lui demandent des services. Mais pour faciliter ce dialogue, les parents doivent se rassembler. C'est en effet en rassemblant leurs efforts, en échangeant leurs opinions et leurs stratégies qu'ils peuvent aider leurs enfants et les enfants des autres pour l'intégration à l'école, pour le travail et les loisirs. Ils sont les rnoteurs des associations de parents et travaillent ainsi pour l'ensemble des personnes atteintes d'autisme.

Ils comprennent l'importance de la recherche, ils se tiennent au courant des publications, ils recueillent les informations et informent les autres parents. Ils peuvent aussi aider les parents qui sont trés malheureux et débordés par le handicap de leur enfant. I1 existe en effet des parents si affectés qu'ils ont besoin d'aide pratique. Faute de cette aide, ils abandonnent la lutte pour leurs droits et ceux de leur enfant et cherchent une place pour 'interner' leur enfant.

L'association anglaise des parents des enfants autistes (NSAC, aujourd'hui NAS) a été une des prémières associations européennes à engager les parents dans l'éducation de leurs enfants. Ces associations on joué un rôle décisif dans le changement d'attitude des professionnels par rapport aux parents. Les parents ont en effet le droit et le devoir de prendre des décisions concernant leurs enfants. Ils sont corresponsables de leur éducation.

Le Wamock Report (London, 1978) insistait, dans le chapître "Parents as partners", que "le succès de l'éducation des enfants avec besoins éducatifs spéciaux dépend du total engagement de leurs parents dans le processus"..."Les parents doivent être conseillés, encouragés et appuyés pour pouvoir à leur tour aider leurs enfants".

Aujourd'hui, les documents intemationaux produits par l'ONU, Rehabilitation Internationale et la Comission des Communautés Européennes, aussi bien que les lois des divers pays prévoient l'implication de l'élève dans son projet personnel, dans toute la mesure du possible, et l'implication de la famille dans tous les cas, pour ce qui est des décisions à prendre et des actions éducatives à entreprendre (Pays Basque, 1988). Les lois portugaises, comme, par exemple, la "Lei de bases da Reabilitaçao"(1989), sont très claires sur ce point.

Aujourd'hui force est de connaître que les associations de parents constituent une force qui ne peut pas être ignorée et qui a le pouvoir d'exiger l'ouverture des services spécialisés auprès des responsables gouvernementaux, des autorités nationales et regionales.

Elles ont le droit de demander:

- La rédaction de lois appropriés.

- La participation à l'élaboration et à la rédaction de ces lois.

- L'existence des conditions nécessaires à l'accueil de ces enfants dans les écoles.

- La reconnaissance de leur engagement dans l'éducation de leurs enfants.

- L'ouverture des foyers pour accueillir leurs enfants aprés leur mort.

- L'ouverture d'ateliers où leurs enfants puissent travailler.

En revanche, les associations de parents ont le devoir:

- De sensibiliser la population au problème de l'autisme.

- D'être informés sur les lois qui concement leurs enfants.

- De diffuser l'information sur l'autisme et sur les besoins spéciaux des personnes autistes.

- D'aider les professionnels à éduquer et à travailler avec les personnes autistes

- De participer à l'élaboration des programmes individualisés d'éducation.

Les associations de parents ont le droit et le devoir de se rassembler au niveau européen. L'Association Intemationale Autism-Europe (IAAE) est une fédération qui regroupe des associations de parents du monde entier, y compris I'Europe de I'Est. Cependant les fondateurs étaient surtout des associations européennes de la CEE, d'où son apellation.

En reúnissant leurs efforts les parents peuvent demander au niveau européen:

- Des lois qui offrent des conditions analogues aux personnes autistes dans les pays de la CEE. Par exemple, l'Association Autism-Europe a produit un document qui compare les lois nationales concemant les autistes des pays de la CEE (Laurent Vogel, 1988).

- Des recherches sur les services et structures. IAAE a publié une étude comparative des

structures et services dans des pays de CEE (Griet Demeestere, 1992)

-Des échanges de parents de différents pays de la communauté. Autisme-Europe a mis au point un programme d'échange pour visiter les foyers des jeunes et des adultes ainsi que les ateliers et les boutiques dans lesquelles ils travaillent. Ils échangent ainsi leurs expériences, les associations enrichissent leurs conceptions.

- Des échanges de professionnels et des visites des écoles. I1 existe des pays qui ont une riche expérience d'intégration des enfants à l'école ordinaire. I1 est intéressant de connaître ces pratiques et de faire des stages pour s'informer de ce qui existe.

LE ROLE DES FRERES ET DES SOEURS

Les familles ont besoin d'un fort appui qui comprend des organisations formelles et informelles. Les appuis informels ce sont des amis, d'autres membres de la famille, l'église, les organisations de service communautaires. Les appuis formels sont de l'assistance financière, l'éducation des parents, l'assistance domiciliaire, des chaînes d'appui et des appuis pour le futur. Parmis les aides informels les autres membres de la famille ou bien les voisins peuvent jouer un rôle très important. Le rôle des frères et des soeurs est parfois décisif dans l'éducation de la personne atteinte d'autisme.

Les frères et les soeurs peuvent avoir des problèmes de coexistence avec l'enfant autiste, surtout si les familles ont dejá des problèmes sociaux, economiques, de relation avec l'entourage. Powell and Ogle (1985) ont cité un certain nombre de préoccupations et de besoins que peuvent avoir les frères et les soeurs des personnes autistes:

Certaines de ces personnes ajoutent qu'elles ont besoin de plus d'informations sur le handicap, de plus de respect et de connaisances pour pouvoir mieux aider leur frère ou soeur et elles éprouvent souvent le besoin de partager des sentiments et des expériences avec d'autres frères et soeurs de handicapés.

Cependant il existe également des effets positifs dans cette interaction entre l'enfant autiste et ses frères ou soeurs. Les autres enfants utilisent en effet bien souvent intuitivement des techniques de renforcement pour modifier favorablement le comportement de l'enfant handicapé. Quand à l'enfant autiste, les relations qu'il peut avoir avec les autres enfants ont des conséquences positives sur son développement.. C'est avec leurs frères et soeurs que les enfants autistes font leurs premières expériences d'interaction sociale. La fratrie joue en effet le rôle d'intermédiaire vis-à-vis de la famille élargie et des amis, elle aide beaucoup à l'adaptation á l'école ordinaire.

"Le fait d'avoír un frère ou une soeur autiste influence de façon importante nos vies, évidemment, ce n'est ni gai ni agréable, mais bien une expérience ardue.

Pour mettre en place la situation, la façon dont on envssage le problème dépend de plusieurs facteurs: les caractéristiques du frère ou de la soeur autiste en question, l'attitude des parents, la dynamique et la structure de la famille aussi bien que le propre caractère de chacun"

(Marta Roca, soeur d'une jeune fille autiste)

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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* DEMEESTERE, G. (1 992) - Comparative Evaluation Survey of Structures and Services in the E. C. For People with Autism. Bruxelles: Autism Europe.

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Autisme-Europe: Link, nº 10

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